Marino Lambrix

Ce n’est pas le but, mais le trajet parcouru qui est passionnant. Le parcours vers une carrière de coiffure florissante est parfois long, sinueux, mais finalement très intéressant. J’ai rencontré Marino Lambrix de Lummen et j’ai été impressionnée par son travail et la manière dont il conclut, « I did it My Way ».

Mais pour résumer une longue histoire, on pourrait dire : bon sang ne saurait mentir !
« Enfant, j’ai grandi dans l’univers de la coiffure. Mon père était un coiffeur/barbier talentueux et apprécié. Mais aussi loin que je puisse me rappeler, je m’étais toujours promis de ne jamais embrasser ce métier. Sans doute une saine aversion, sans doute vis-à-vis de ce qui est trop familier. J’ai donc opté pour une bonne formation pratique en mécanique. Mais après quelques années, l’honnêteté m’a donné à voir que j’étais très malheureux parce que ce métier ne laissait aucune place à ma créativité. Et cela me faisait mal. Une formation en coiffure m’a alors permis de retrouver entièrement ma personnalité. J’ai grandi sur le plan humain en travaillant dur, en m’exerçant sans relâche et en me concentrant principalement sur la coupe. »

Où avez-vous appris le plus ?
Marino : « J’ai eu très vite la possibilité de me rendre chez Toni&Guy à Londres et d’y travailler deux ans. J’y ai appris énormément, peut-être même tout. C’est une très bonne école, mais aussi un environnement stimulant. Londres reste la ville où l’on expérimente le plus, et cela ouvre une foule de perspectives personnelles. Vous y voyez les coiffures les plus extrêmes dans la rue et cela m’inspire sur plusieurs plans. La London Fashion Week ou LFW gagne encore toujours en importance sur le plan international, et pas seulement pour la mode, mais tout autant pour la coiffure. Et elle donne chaque fois lieu à une interaction enrichissante entre coiffeurs en coulisse, créateurs, marques… une collaboration intense qui stimule la créativité. Au retour, nous emportons tous un savoir-faire et une visibilité dans nos valises.»

Comment êtes-vous ensuite arrivé chez Label.M ?
Marino : « Chez Toni&Guy, à Londres, j’ai participé au lancement de Label.M, une marque par les coiffeurs pour les coiffeurs qui a vu le jour autour de Sacha Mascolo… L’ensemble de la gamme Label.M gamma agit de manière cumulative à partir de la racine des cheveux ; avec le shampooing et l’après-shampooing, vous remarquez d’emblée la différence. Les cheveux ont un autre toucher et offrent d’emblée une foule de possibilités. Les produits de finition requis pour obtenir le résultat escompté sont réduits. »

Travaillez-vous aujourd’hui pour un patron ou comme indépendant ?
Marino : « J’ai depuis peu ouvert mon propre salon à Lummen – d’où je suis originaire. Pour l’instant, j’y travaille seul. J’aime beaucoup travailler seul, c’est très relax. C’est un rêve qui devient réalité. J’ai toujours voulu éviter la démesure. Cela fait quinze ans que je travaille à ce parcours, souvent tout seul. Parfois je travaille pour un patron, mais je ressens souvent le besoin de travailler de manière autonome. Alors, je loue un fauteuil dans un salon à Bruxelles ou à Anvers. J’aime les coupes courtes, longues, bouclées, commerciales ou extrêmes, en fonction des souhaits du client, et je peux au besoin faire appel aux services d’une coloriste. Parallèlement, j’aime aussi travailler en équipe à des projets pour la télévision ou le cinéma. J’ai collaboré au Project Runway, Sara ou la version belge d’Ugly Betty, TVL mais aussi à des films comme Marina, sur la vie de Rocco Granata, Oorlogsgeheimen, Moonwalkers, De zaak Menten… »

Comment voyez-vous évoluer votre avenir et celui de votre salon ?
Marino : « Les gens ont de moins en moins de temps libre, se déplacer prend du temps, il faut donc qu’un salon de coiffure offre davantage de services pour le cheveu. Je pense que le visagisme, le stylisme d’ongles, l’esthétique, notamment pour le soin aux cils et aux sourcils, vont gagner en importance, de sorte qu’une femme pourra tout trouver au même endroit. Je crois profondément à la réunion d’une série d’experts, chacun dans leur domaine. Je fais déjà appel à une visagiste et j’espère pouvoir le faire de plus en plus ».

Où puisez-vous votre oxygène ?
Marino : « Mon travail est ma passion, j’ai donc besoin de peu de choses en dehors de celui-ci, il me donne l’oxygène dont j’ai besoin. J’adore surfer sur la toile pour chatter… Cela me permet de voir le monde entier en un clin d’œil, de suivre attentivement quelques sites de mode, de musique et de sous-cultures, etc. Lorsque je retourne à Londres pour y travailler, j’y prévois toujours une journée rien que pour moi ou, pour être plus précis, pour la rue… Ce que l’on y voit est passionnant. »
Le parcours se poursuit et passionne toujours tout autant !

Marino Lambrix
5, 3560 Lummen
Tél. 0475 54 28 24

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