Apasionada Isabelle

Savagan Oostduinkerke fête son 10e anniversaire le 26 mai. Cela valait bien une visite à cette jolie station balnéaire. Ce ne sont pas les coiffeurs qui manquent, mais les clients d’Isabelle Verlodt l’ont suivie pendant toutes ces années. Isabelle, Jean-Luc et son équipe au grand complet proposent à Oostduinkerke un concept unique en son genre, que l’on pourrait sans crainte qualifier de ‘métamorphose intégrale’.

Vu de l’extérieur, le salon, avec ses énormes baies vitrées, invite à une visite. Le noir et le blanc dominent avec, de ci de là quelques chaudes notes boisées. À droite, un banc, une coiffeuse arrondie avec des miroirs ; à gauche, des fauteuils le long du mur avec de grands miroirs, la caisse est intégrée dans l’armoire murale, à gauche. Un escalier en bois nous mène à l’étage où sont disposés 4 bacs à shampooing. On peut y regarder la télévision en toute quiétude. Discrètes, mais toujours épurées, des photos de Sassoon sont réparties dans l’ensemble du salon. Nous prenons le temps d’une tasse de café avec Isabelle, au bar. Cette ardente travailleuse est une passionnée qui aime son métier, qu’elle ne considère pas comme vraiment comme un travail, mais comme un grand bonheur depuis qu’elle a quitté l’école de coiffure d’Ypres.

Comment et quand avez-vous fait ce choix ? Venez-vous d’un milieu de coiffeurs ?
Isabelle V. : « Pas du tout. J’ai toujours su que je voulais faire quelque chose de créatif, quelque chose avec de belles matières, quelque chose avec mes mains, et j’ai donc abouti dans un premier temps dans une école de couture à Furnes. Je pensais à la création de mode. Mais je ne sais pas dessiner et je me suis rapidement sentie mal à l’aise, comme dans une impasse. Un de mes professeurs m’a poussée à la réflexion, je me suis réorientée vers la coiffure et j’ai d’emblée su que c’était le bon choix. On peut être très créatif avec une chevelure et je ne m’en lasse jamais. J’ai pu commencer immédiatement à travailler les week-ends dans un salon de coiffure à Coxyde. J’y ai travaillé un temps par la suite, y ai beaucoup appris et à 23 ans, j’ai ouvert mon salon à Furnes. Parallèlement, j’ai toujours continué à faire des vêtements, j’ai toujours habillé moi-même mes enfants. Ma fascination pour la mode reste intacte, et je vais ouvrir prochainement une boutique éphémère avec des articles de NÜ, une très intéressante collection danoise. Je n’ai pas assez de temps pour m’y consacrer pleinement. Je collabore donc avec quelques personnes qui sont sur la même longueur d’onde. »

Le salon et les clients de la côte sont-ils différents d’il y a dix ans ou d’ailleurs dans le pays ?
Isabelle V. : « J’ai suivi un grand nombre de cours durant les années qui ont précédé l’ouverture de ce salon. Dans mon premier établissement, je travaillais avec trois collaborateurs et nous servions à l’époque le client ‘hebdomadaire’, comme partout ailleurs dans le pays. Il nous demandait ce qui était tendance et cela nous inspirait dans notre travail. Aujourd’hui c’est tout à fait différent. Il n’y a plus de tendances, il n’y a plus que des styles personnels, individuels. Certains clients se sentent à l’aise dans le registre ‘classique’, les autres préfèrent quelque chose de plus edgy ou de rock ’n roll. On ne s’inspire plus livres ou de magazines. Les clients existants nous font confiance et pour les nouveaux venus, nous prenons le temps d’une ‘consultation’, afin de bien comprendre ce qu’il/elle veut. Nous continuons à nous informer de ce qui se passe sur les podiums internationaux et retravaillons cela pour offrir à chaque client le style qu’il aime, ce avec quoi il/elle se sent le mieux et le plus beau. C’est essentiel pour la confiance en soi de la personne. »
À ce moment, une femme se dirige vers Isabelle pour la saluer. Elle est radieuse. Elle arbore une coupe au carré avec une longue mèche. Isabelle me montre sur sa tablette à quoi elle ressemblait avant la coupe. Une véritable métamorphose.

Revenons quelques années en arrière. Vous avez rencontré Jean-Luc. Votre perception de la coiffure a-t-elle changé alors ?
Isabelle V. : « Nous nous sommes rencontrés lors d’un cours, et oui, mon approche de la coupe a évolué, plutôt vers un travail sur mesure. L’importance d’une consultation approfondie et même d’une métamorphose complète est grande, tant pour le client que pour le coiffeur. C’est aussi très gratifiant lorsqu’un groupe de jeunes filles cherchent avec moi ce qu’elles veulent faire transparaître et que nous parvenons à exaucer leur souhait. Travailler de la sorte n’est pas simple, mais tellement valorisant. Et tout se fait toujours avec le sourire, une pointe de maquillage et un petit verre. Tous ces petits détails qui font la différence. »

Où puisez-vous l’inspiration pour continuer à séduire vos clients ?
Isabelle V. : « Le paysage urbain reste bien sûr important, surtout ce que nous voyons à Londres, car nous continuons à suivre des cours. Et à présent que Jean-Luc représente Sassoon, il forme lui aussi des gens, et comme nous travaillons avec ses produits, nous pouvons servir encore bien plus de types de clients. Sassoon et Tigi se complètent à merveille, ils ne s’adressent pas à la même clientèle. J’ai beaucoup de clients qui restent fidèles à TIGI, mais Sassoon – sensiblement plus cher d’ailleurs – convient à une autre clientèle. Et ce n’est pas une question d’âge. Je serai toujours reconnaissante à Tigi, car ce sont eux qui ont fait ma réputation et ils continuent à m’inspirer. »

Que faites-vous avec les jeunes qui veulent toujours des cheveux longs sans coupe ni structure ?
Isabelle V. : « Oui, il faut redoubler d’efforts pour les motiver à changer quelque chose, mais je parviens à les convaincre en leur montrant que les cheveux longs, c’est très bien pour autant qu’ils aient l’air soignés. Je veux montrer aux jeunes filles qu’elles doivent se démarquer par rapport à la nuance 7 typiquement belge en travaillant par exemple avec des couleurs. L’ambre ou le rouge me permettent d’apporter de superbes accentuations et néanmoins de recommander une coupe, ou d’apprendre à faire un chignon par exemple. »

Et lorsque vous n’êtes pas prise par votre métier, que faites-vous ?
Isabelle V. : « Du sport, lorsque j’en ai le temps, du vélo, par exemple. Cet été, je m’attaquerai au mont Ventoux pour la bonne cause. Mais j’aime tellement mon métier que cela me procure tout l’oxygène nécessaire pour être encore plus créative. »

Apasionada Isabelle
Albert I laan 49
B-8670 Oostduinkerke
T. +32 58 51 22 09

Photo de portrait : © Stefaan Vanfleteren

 

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