Il est rare que le coiffeur s’arrache les cheveux parce qu’il ne peut pas aider son client à avoir une belle chevelure. Mais si un client se présente en salon avec de réels soucis capillaires, il arrive qu’il ne sache plus à quel saint se vouer.

 

Une belle chevelure fournie et volumineuse est importante dans notre société et symbolise la santé, le bonheur et le succès. Toutefois, la clientèle de votre salon de coiffure ne garde pas ses beaux cheveux brillants toute sa vie, car le cheveu est un corps naturel en proie à de nombreux facteurs physiques et psychiques. L’un de pires ennemis de la chevelure, c’est la perte de cheveux ou alopécie. Hélas, les causes de l’alopécie sont très complexes et nécessitent parfois de longues recherches. Si vous constatez qu’un client perd ses cheveux pendant une période prolongée, il est avisé de l’envoyer consulter un médecin. En effet, une grave perte capillaire peut entraîner des troubles psychiques susceptibles d’amener le client à renoncer à sa vie sociale, de susciter chez lui de l’anxiété et de l’incertitude.

Il y a de nombreuses causes possibles à la chute des cheveux, ou alopécie, tout comme il y a différents types d’alopécies. L’identification de la cause précise est une première étape dans le traitement.

Chute des cheveux, une hantise

La chute des cheveux figure en haut de la liste des problèmes capillaires. Les coiffeurs sont quotidiennement confrontés à des clients qui perdent leurs cheveux et qui s’en inquiètent. Chez les hommes, la perte de cheveux est souvent hormonale, mais chez les femmes, les causes sont plutôt complexes. Elles peuvent être hormonales, mais pas toujours…

Qu’en est-il de notre capital cheveux ? Les bébés ont 1.000 cheveux par centimètre carré. À 25 ans, il n’en reste que 600 et ce chiffre descend à 250-300 à partir de 50 ans. Il s’agit de moyennes. En effet, le nombre de cheveux sur notre tête peut varier fortement en fonction de notre origine (un Suédois a moins de poils sur le caillou qu’un Ghanéen par exemple). Indépendamment des facteurs génétiques, l’alopécie peut être due à de nombreuses causes différentes : déséquilibre hormonal, maladie, chimiothérapie, stress, mauvaise alimentation, hypoxie, cigarette, mauvaise hygiène de vie, coloration de mauvaise qualité, hypersensibilité à un certain shampooing, produit capillaire inadapté, etc. Pour illustrer l’impact des hormones sur les cheveux, prenons l’exemple de la grossesse. Sous l’effet de la gonadotrophine chorionique (HCG), ou hormone de grossesse, une femme enceinte ne perd pratiquement pas de cheveux pendant sa grossesse. Mais une fois le bébé arrivé, la nature la rattrape et la jeune maman peut être sujette à une importante perte de cheveux.

Quelle quantité de cheveux peut-on perdre avant de tirer le signal d’alarme ? Le cycle de vie d’un cheveu comporte plusieurs phases, les trois principales étant la croissance, la régression et la chute. Pendant la phase de croissance, ou phase anagène, le cheveu pousse de 0,3 à 0,5 mm par jour. En moyenne, cette phase dure trois ans, mais elle peut durer de plusieurs mois à une dizaine d’années. Vient ensuite la phase de régression, dite catagène, lors de laquelle le follicule pileux ne produit plus de cheveu. Les cellules situées au plus profond du follicule meurent et le cheveu migre vers l’épiderme. Citons enfin la phase télogène, pendant laquelle l’activité cellulaire cesse totalement. Les procédés mécaniques (coups de peigne/brosse) éliminent les cheveux détachés du cuir chevelu de manière naturelle. À l’issue d’une période de repos (de deux à cinq mois) et sous l’influence d’un stimulant encore inconnu à ce jour, le follicule pileux repasse en phase anagène et reprend son activité. À noter que tous les cheveux ne traversent pas tous la même phase en même temps. Sur une chevelure complète, 85 à 90 % des cheveux se trouvent en phase anagène et 10 à 15 % en phase télogène. Il est donc tout à fait normal de perdre de 50 à 100 cheveux par jour. Par ailleurs, la chute des cheveux dépend de nombreux facteurs : sexe, âge, lieu de résidence, santé, etc. Les saisons jouent elles aussi un rôle prépondérant : en été, la lumière du soleil enclenche une phase télogène, qui se traduit par une importante décalvation deux à trois mois plus tard. C’est ainsi que les femmes ont davantage tendance à perdre leurs cheveux au printemps et en automne. Chez l’être humain, 60 à 90 % des cheveux se trouvent en phase anagène, contre 10 à 20 % en phase de repos ou de dégradation. Si nous partons du principe qu’il y a 10.000 cheveux sur une tête et qu’un cheveu y reste 100 jours (3 mois), nous arrivons à la conclusion que nous perdons en moyenne 100 cheveux par jour naturellement.

Les personnes qui ont souffert d’une grave maladie infectieuse (il peut s’agir d’une « simple » grippe !) en ressentiront les conséquences quelques mois plus tard sous forme d’une perte capillaire accentuée.

Mesurer la perte capillaire

Si vous vous réveillez chaque matin avec une touffe de cheveux sur l’oreiller ou sur votre peigne ou brosse à cheveux, il y a lieu de paniquer. Mais pour savoir s’il s’agit vraiment d’une chute de cheveux alarmante, vous pouvez passer quelques tests, de préférence en concertation avec un médecin :

  • Sur une durée de 24 heures, récoltez tous les cheveux perdus et comptez-les.
  • Faites le test de traction : tirez une petite touffe d’environ 100 cheveux. Si plus de 20 cheveux se détachent, un examen complémentaire est nécessaire ;
  • Faites un trichogramme ou examen du cheveu : cette méthode consiste à couper environ 50 cheveux sur 1 cm, puis à les épiler d’un coup sec dans le sens du poil. Les bulbes pileux sont ensuite observés au microscope. Le spécialiste dispose ainsi d’informations objectives sur la phase de croissance et l’éventuelle déficience des bulbes pileux.

 

La forme la plus fréquente de chute de cheveux est l’alopécie androgénétique, qui a lieu sous l’influence des hormones masculines androgènes. Ce type d’alopécie touche les hommes, mais aussi les femmes, bien que dans une moindre mesure.

Cette forme typique d’alopécie se manifeste à partir d’un certain âge, dès vingt ans parfois. Chez l’homme, la calvitie commence généralement par un recul de la ligne temporale, puis frontale. La couronne peut également se dégarnir. Le stade final est la calvitie en fer à cheval (la célèbre coupe de Lambique, dans Bob et Bobette). Seulement 10 à 15 % des hommes en arrivent là. Chez les femmes, l’alopécie hormonale se fait plus discrète et mène rarement à une calvitie totale.
Les hommes sujets à une perte de cheveux (souvent héréditaire) ont de nos jours la possibilité de se faire greffer de petits implants provenant d’une zone encore chevelue. Ces derniers portent le nom de « grafts ». Cette solution n’est pas bon marché, mais grâce à l’évolution des techniques microchirurgicales, elle garantit une nette amélioration et souvent de beaux résultats

Cheveux et alimentation

Le secret de cheveux en bonne santé réside également dans l’alimentation. La composition d’un cheveu nécessite pas moins de 18 acides aminés différents. Les femmes qui suivent un régime strict ne tarderont pas à remarquer un ternissement et une fragilisation de leurs cheveux. Les protéines, certaines vitamines et les minéraux sont essentiels à la santé et à la résistance capillaire. Parmi les ingrédients réparateurs, on épingle notamment la kératine, le panthénol, les complexes multivitaminés, les acides aminés et le glucoside. Ce sont surtout les vitamines du groupe B qui sont essentielles. Certaines marques cosmétiques commercialisent des compléments spécialement conçus pour combler ces carences. Alline Procap, par exemple, est un moyen éprouvé contre la perte de cheveux : ces capsules (2 capsules à prendre par jour) comprennent de la kératine à haute dose et un cocktail riche en vitamines B, C, E, en bêtacarotène, et des sels minéraux importants tels que le zinc, le fer et le cuivre. Un produit à recommander ! Ces produits doivent toutefois être utilisés sur une longue durée (pendant au moins un à trois mois) pour fournir des résultats visibles. Le zinc est aussi un important minéral naturel qui a une influence sur la qualité de nos cheveux. Comment savoir si vous êtes sujet à des carences nutritionnelles ? Certains médecins (par exemple les thérapeutes orthomoléculaires) peuvent prescrire un test sanguin spécial afin d’identifier ces carences. Un conseil : n’expérimentez jamais vous-même avec les compléments alimentaires pour améliorer la qualité de vos cheveux.

Cheveux abîmés : à quel saint se vouer ?

Les cheveux sont en réalité des corps « morts », notamment composés de kératine, une protéine également présente dans les ongles. Seul le bulbe pileux, niché dans le cuir chevelu, est vivant. Chaque cheveu est constitué de plusieurs couches. La couche externe est une couverture écailleuse appelée cuticule. Elle se compose de longues cellules étroites qui se chevauchent en couches bien structurées. La cuticule compte de 4 à 8 couches d’écailles imbriquées. Les différentes écailles sont reliées entre elles par une substance faisant office de ciment. Résistant aux agressions extérieures, ce « ciment » peut être détruit par les traitements chimiques. Lors d’une coloration oxydative et d’une permanente, le produit doit en effet pénétrer au cœur du cheveu.

Les écailles des cheveux sains sont scellées, gage de brillance et de mouvement. Les écailles d’un cheveu en mauvais état se dilatent. Résultat : la chevelure ternit. Si les écailles se dilatent trop et se rompent, le cortex (cœur du cheveu) n’est plus protégé. Malheureusement, il n’est pas possible de réparer ces dégâts naturellement. Des écailles dilatées finissent par casser. On en arrive alors à la rupture tant redoutée de la tige capillaire. Les démêlages et les brossages abîment les cheveux. Vous remarquerez, ce faisant, qu’une partie de la chevelure est si abîmée que la seule solution est de couper

Pourquoi les cheveux s'abîment-ils ?

Plus les cheveux sont secs, plus le risque de dégâts est grand. Les causes possibles du dessèchement capillaire sont légion : climat (pensez au soleil de Provence ou des pays exotiques), boucles (les ondulations empêchent le sébum, qui confère souplesse et brillance au cheveu, de se répartir aussi rapidement sur le cheveu), maladie, fluctuations hormonales, vieillesse, etc. Les cheveux gris, par exemple, sont beaucoup plus secs que les cheveux d’une personne de 25 ans. Exposés à des conditions extrêmes, les cheveux blonds et fins se dessèchent plus vite, car ils absorbent plus rapidement la lumière et la chaleur que les cheveux foncés, qui, eux, réfléchissent la chaleur. Les sèche-cheveux et les fers à friser assèchent également les cheveux, de même qu’une permanente ratée ou des colorations à répétition.

Par ailleurs, les cheveux secs se chargent facilement en électricité statique. Impossible donc de sculpter une coiffure longue tenue. Un après-shampooing ou un soin adéquat peut remédier au problème.

La sécheresse capillaire est le signe de cheveux abîmés. D’où l’importance de chouchouter et de soigner efficacement les cheveux secs à un stade précoce afin d’éviter l’apparition de fourches, le morcellement des cuticules et l’exposition du cortex par manque d’hydratation. Par temps sec (soleil, vent, etc.), il n’est pas rare de voir apparaître des frisottis et un « effet paille », qui rendent les cheveux difficiles à discipliner. Parce que nous prenons des vacances de plus en plus courtes vers des destinations aux températures extrêmes (îles tropicales ou monts enneigés), les coiffeurs sont de plus en plus souvent confrontés à des clients dont les cheveux ont subi d’importants dégâts en très peu de temps. En général, il n’y a qu’une solution : les ciseaux ! Un verdict que détestent les femmes qui tiennent à leurs cheveux longs. Cela demande parfois une grande force de persuasion de la part du coiffeur pour parvenir à la coupe.

Fourches

Étant donné que les cheveux sont des corps morts et qu’ils ne se régénèrent pas spontanément, ils « s’usent ». Sous l’effet du frottement, les cuticules se dilatent, exposant ainsi le cortex. Si l’on observe l’extrémité d’un cheveu long (un cheveu pousse de 0,3 à 0,5 mm par jour) âgé de plusieurs années, on remarque souvent des fourches. Et qui dit fourches dit nœuds. L’usure mécanique est engendrée par divers facteurs : port d’un bonnet, d’un chapeau, d’une casquette, d’un élastique ou d’une barrette, utilisation d’un fer à friser, d’un fer à lisser ou d’une mauvaise brosse (à poils durs), climatisation, brushing et vêtements rêches, etc. L’usure chimique provient quant à elle des lotions pour permanente, des colorations agressives, des shampooings trop alcalins, de l’eau dure ou calcaire, etc. Les cheveux s’usent plus en hiver et en été qu’en automne ou au printemps. Aussi parce que le taux d’humidité ambiante est plus élevé pendant ces deux dernières saisons, ce qui est bon pour nos cheveux.

Produits bien-être 100 % bio

Toujours plus nombreuses sont les marques qui passent aux produits à base d’ingrédients bio. Souvent, ces marques amorcent un retour aux anciennes recettes éprouvées. Citons par exemple Evo, qui fabrique des produits de coiffure au look luxueux, mais exempts de sulfates, de parabènes et de DEA (la diéthanolamine, souvent abrégée DEA, est un composé organique). Des sels de diéthanolamine associés à des acides gras sont ajoutés à des produits cosmétiques tels que shampooings, sprays capillaires et savons en guise de tensioactifs, notamment pour réguler la viscosité du produit, favoriser la formation de mousse ou stabiliser les émulsions. Voici des exemples de composés de ce type (noms INCI) : Stearamide DEA, Lecithinamide DEA, Lanolinamide DEA et Lauramide DEA et Propylene glycol. La marque a délibérément opté pour des produits de soins capillaires efficaces qui respectent l’environnement. Pas de promesses en l’air ni de marketing surfait : tous les ingrédients contenus dans les produits sont des principes actifs. Evo propose différentes gammes. Dans la gamme « the therapist », citons un « conditioning shampoo » et un « moisturizing conditioning shampoo » pour réparer, hydrater et lisser les cheveux. Cette ligne prévient les frisottis, l’estompage de la couleur, hydrate, soigne, améliore la brillance naturelle du cheveu, protège les cheveux des dégâts du soleil et facilite le démêlage. Dans la gamme « mane attention », nous retrouvons le « protein treatment » : un véritable produit bien-être qui répare et fortifie les cheveux au moyen de protéines. « End doctor » est une autre gamme de soins pour les cheveux abîmés. Le « split end sealant conditioner » fortifie les cheveux, prévient la casse et les fourches et la perte de couleur. Cette crème fortifiante répare les pointes fourchues. Matrix propose elle aussi de nombreux produits qui rendent leur santé aux cheveux abîmés. Le So long Damage Shampoo, par exemple, est un shampooing nettoyant doux, réparateur et illuminateur qui fortifie les zones fragiles et cassantes. Matrix lance également une nouvelle version de Biolage, la marque écologique à base d’ingrédients spécialement étudiés. Bon pour la peau et pour l’environnement. L’Intra-Cylane fortyfying Cream de Biolage est une crème fortifiante sans rinçage qui prend soin de la couche cuticulaire et protège les cheveux des dégâts. Intra-CylaneTM est une molécule innovante exclusive, qui comble les brèches dans la couche cuticulaire pour rendre leur aspect lisse aux cheveux. Une troisième gamme qui vaut la peine d’être mentionnée, c’est Biolage Hydrathérapie. Les nouveaux soins hydrathérapeutiques de Biolage s’inspirent du cycle d’hydratation permanent des forêts tropicales. Ces produits hydratent les cheveux en permanence pour prévenir le dessèchement grâce à leur composition à base d’aloès et de fruits de la passion.

Eugène Perma est une marque qui a toujours pris soin des cheveux dans tous leurs états. Nouveauté : une gamme bio de quatre produits sans parabènes ni silicones, mais à base d’ingrédients d’origine naturelle renouvelable. Ces quatre produits sont certifiés Cosmebio et Ecocert (Collection Nature by Cycle Vital). Le shampooing crémeux est bien plus qu’un simple produit lavant. Grâce aux composants hydratants et nourrissants comme le beurre de karité ou galam, il nourrit et hydrate le cuir chevelu et les cheveux et leur apporte un confort instantané. Il contient également de la bentonite, une argile naturelle qui dégraisse en douceur en absorbant l’excès de sébum et revitalise les cheveux. Enfin, ce produit est formulé à base d’huile de macadamia qui protège les cheveux et donne un coup d’éclat aux cheveux ternes et fatigués. Le masque réparateur d’Eugène Perma contient un cocktail parfait d’huiles végétales bio (coco, jojoba et babassu) qui nourrissent la tige capillaire et rendent à la chevelure sa brillance. En outre, ce produit bien-être contient également des protéines de blé qui jouent le rôle d’après-shampooing naturel et gainent la tige capillaire d’un film protecteur.

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