Un parcours passionnant

Un parcours passionnant

Marino Lambrix

Ce n’est pas le but, mais le trajet parcouru qui est passionnant. Le parcours vers une carrière de coiffure florissante est parfois long, sinueux, mais finalement très intéressant. J’ai rencontré Marino Lambrix de Lummen et j’ai été impressionnée par son travail et la manière dont il conclut, « I did it My Way ».

Mais pour résumer une longue histoire, on pourrait dire : bon sang ne saurait mentir !
« Enfant, j’ai grandi dans l’univers de la coiffure. Mon père était un coiffeur/barbier talentueux et apprécié. Mais aussi loin que je puisse me rappeler, je m’étais toujours promis de ne jamais embrasser ce métier. Sans doute une saine aversion, sans doute vis-à-vis de ce qui est trop familier. J’ai donc opté pour une bonne formation pratique en mécanique. Mais après quelques années, l’honnêteté m’a donné à voir que j’étais très malheureux parce que ce métier ne laissait aucune place à ma créativité. Et cela me faisait mal. Une formation en coiffure m’a alors permis de retrouver entièrement ma personnalité. J’ai grandi sur le plan humain en travaillant dur, en m’exerçant sans relâche et en me concentrant principalement sur la coupe. »

Où avez-vous appris le plus ?
Marino : « J’ai eu très vite la possibilité de me rendre chez Toni&Guy à Londres et d’y travailler deux ans. J’y ai appris énormément, peut-être même tout. C’est une très bonne école, mais aussi un environnement stimulant. Londres reste la ville où l’on expérimente le plus, et cela ouvre une foule de perspectives personnelles. Vous y voyez les coiffures les plus extrêmes dans la rue et cela m’inspire sur plusieurs plans. La London Fashion Week ou LFW gagne encore toujours en importance sur le plan international, et pas seulement pour la mode, mais tout autant pour la coiffure. Et elle donne chaque fois lieu à une interaction enrichissante entre coiffeurs en coulisse, créateurs, marques… une collaboration intense qui stimule la créativité. Au retour, nous emportons tous un savoir-faire et une visibilité dans nos valises.»

Comment êtes-vous ensuite arrivé chez Label.M ?
Marino : « Chez Toni&Guy, à Londres, j’ai participé au lancement de Label.M, une marque par les coiffeurs pour les coiffeurs qui a vu le jour autour de Sacha Mascolo… L’ensemble de la gamme Label.M gamma agit de manière cumulative à partir de la racine des cheveux ; avec le shampooing et l’après-shampooing, vous remarquez d’emblée la différence. Les cheveux ont un autre toucher et offrent d’emblée une foule de possibilités. Les produits de finition requis pour obtenir le résultat escompté sont réduits. »

Travaillez-vous aujourd’hui pour un patron ou comme indépendant ?
Marino : « J’ai depuis peu ouvert mon propre salon à Lummen – d’où je suis originaire. Pour l’instant, j’y travaille seul. J’aime beaucoup travailler seul, c’est très relax. C’est un rêve qui devient réalité. J’ai toujours voulu éviter la démesure. Cela fait quinze ans que je travaille à ce parcours, souvent tout seul. Parfois je travaille pour un patron, mais je ressens souvent le besoin de travailler de manière autonome. Alors, je loue un fauteuil dans un salon à Bruxelles ou à Anvers. J’aime les coupes courtes, longues, bouclées, commerciales ou extrêmes, en fonction des souhaits du client, et je peux au besoin faire appel aux services d’une coloriste. Parallèlement, j’aime aussi travailler en équipe à des projets pour la télévision ou le cinéma. J’ai collaboré au Project Runway, Sara ou la version belge d’Ugly Betty, TVL mais aussi à des films comme Marina, sur la vie de Rocco Granata, Oorlogsgeheimen, Moonwalkers, De zaak Menten… »

Comment voyez-vous évoluer votre avenir et celui de votre salon ?
Marino : « Les gens ont de moins en moins de temps libre, se déplacer prend du temps, il faut donc qu’un salon de coiffure offre davantage de services pour le cheveu. Je pense que le visagisme, le stylisme d’ongles, l’esthétique, notamment pour le soin aux cils et aux sourcils, vont gagner en importance, de sorte qu’une femme pourra tout trouver au même endroit. Je crois profondément à la réunion d’une série d’experts, chacun dans leur domaine. Je fais déjà appel à une visagiste et j’espère pouvoir le faire de plus en plus ».

Où puisez-vous votre oxygène ?
Marino : « Mon travail est ma passion, j’ai donc besoin de peu de choses en dehors de celui-ci, il me donne l’oxygène dont j’ai besoin. J’adore surfer sur la toile pour chatter… Cela me permet de voir le monde entier en un clin d’œil, de suivre attentivement quelques sites de mode, de musique et de sous-cultures, etc. Lorsque je retourne à Londres pour y travailler, j’y prévois toujours une journée rien que pour moi ou, pour être plus précis, pour la rue… Ce que l’on y voit est passionnant. »
Le parcours se poursuit et passionne toujours tout autant !

Marino Lambrix
5, 3560 Lummen
Tél. 0475 54 28 24

Salon sans chichis

Salon sans chichis

FAB KEN HAIRDESIGN

J’ai souvent rencontré Ken lors de séances de travail Dessange, de défilés ou dans les coulisses de l’un ou l’autre événement de mode bruxellois. Après vingt ans de bons et loyaux services, il a ouvert, il y a six ans, un petit salon assez original entre la rue Antoine Dansaert et la place Sainte-Catherine. Voici deux ans, il s’est associé avec Fabian pour une approche raisonnable et pragmatique.

Le salon est très épuré, avec un îlot de coiffure au centre, tout en blanc, rehaussé d’un accent de couleur turquoise : un fauteuil accueillant et douillet où les clients fidèles aiment prendre place en attendant leur tour. Car le salon est mixte, il reçoit les femmes comme les hommes, mais il mélange également les séances sur et sans rendez-vous et Fabian coupe les cheveux secs et Ken les cheveux mouillés ! Le premier colore artistement les cheveux, tandis que le second adore les chignons. British meets French hairdressing, tout cela pendant qu’ils prêtent une oreille attentive au client.

Qu’est-ce qui vous a motivé à reprendre un statut d’indépendant voici six ans ?
Ken : « J’ai connu des années fabuleuses chez Dessange. J’y ai aussi appris mon métier, cela reste assurément une formidable école. Les techniques, la qualité du service, tout y est organisé et balisé dans les moindres détails. Y compris l’approche Haute Couture si reconnaissable. Lorsque j’ai eu quarante ans, la soif d’indépendance ne cessait de me tenailler et je me suis dit : ou je le fais maintenant ou je ne le ferai plus jamais. J’ai donc tenté le grand saut à l’époque. Au départ, c’est assez déconcertant, mais j’ai très rapidement su ce que je voulais et surtout ce que je ne voulais pas. »

Avez-vous su d’emblée que vous vouliez ouvrir un salon dans le bas de Bruxelles et avec quels produits vous vouliez travailler ?
Ken : “Oui, le salon a rapidement pris forme dans mon esprit – il serait blanc avec quelques éléments domestiques – et il se situerait dans ce quartier. Comme on le dit très souvent, c’est un véritable melting pot. Quelques clients m’ont suivi et me sont restés fidèles, mais j’en ai aussi fait de nouveaux. Ce qui est typique de l’endroit, c’est qu’ils suivent vraiment la mode et les créateurs belges et ne se soucient que très peu de la scène internationale. Depuis que Fab s’est associé avec moi voici deux ans, nous attirons encore une autre clientèle. Cette collaboration est très agréable, nous nous complétons parfaitement, mais nos clients n’ont aucune peine à passer de l’un à l’autre lorsque l’un de nous est trop occupé.

En ce qui concerne les produits, le packaging de TIGI m’a tout de suite conquis et leurs produits de coiffage me permettent d’obtenir exactement ce que souhaite le client. Kevin Murphy s’adresse à un tout autre public, pour qui le soin prime par-dessus tout. Sublimer les cheveux, par le soin, de sorte qu’ils soient éclatants de santé. Si vous ajoutez cela à une coupe adaptée, la chevelure resplendit véritablement. Et pas que pendant un jour ou deux.

« Viens, dit Ken, on va prendre une pinte au Laboureur. »

 

Ce quartier vit vraiment avec ses habitants et l’on y voit autant des hommes d’affaires que des sans-abri aller prendre un verre. KEN et FAB contribuent à leur manière à l’embellissement du quartier et de ses habitants, par exemple en offrant – pour la troisième année consécutive – un relooking aux plus démunis, juste avant Noël. Pourquoi ?
« Cela nous apporte une très grande satisfaction de voir sourire des personnes qui ne le peuvent plus chaque jour en raison de diverses circonstances. Je sais qu’il ne faut pas grand-chose pour tomber dans ‘la misère’. Mais je ne suis pas le seul à le faire ! Fab et un collègue coiffeur en compagnie de quelques amis le font également. Ils distribuent des vêtements, offrent une petite collation, une attention… Chaque année, nous consacrons tout un dimanche à des gens qui n’en mènent pas large. C’est fatigant, mais ils nous en sont tellement reconnaissants. »

Où puisez-vous votre inspiration, votre motivation et votre enthousiasme ? Que faites-vous lorsque vous ne travaillez pas ?
« Mon inspiration me vient des gens, je ne suis rien sans eux… une escapade au bois de La Cambre un jour de semaine où il n’y a personne, cela me rend fou. J’aime les gens, le théâtre, le cinéma, les fêtes… c’est un besoin vital, sans cela, je ne survis que quelques heures. TIGI est un partenaire formidable pour se tenir au fait de ce qui se passe dans le monde en matière de styles. J’y ajoute mon expérience et mes connaissances. Et nos clients apprécient notre travail. Par exemple, j’ai un faible pour les chignons, ils ont à nouveau le vent en poupe. Il faut que les jeunes coiffeurs réapprennent cette technique. Sans doute organiserai-je un jour une formation. »
Après notre conversation, je n’ai pas besoin d’un dessin pour comprendre que Ken et Fab se sentent comme des poissons dans l’eau dans cet environnement. Quand Ken rêve, il se voit simplement continuer ce qu’il fait actuellement, travailler pour les gens, avec eux et par eux et embellir le monde un peu plus chaque jour. Le slogan sur la vitrine du salon en dit long : If you are a racist, sexist, homophobic or an asshole, DON’T COME IN !

FAB KEN HAIRDESIGN
Rue Léon Lepage 39, 1000 Bruxelles
T. +32 477 52 87 54
www.facebook.com/fabhairdesignbrusselsfirst

Faire des choix

Faire des choix

9 salons

Jurgen Meerschaert a toujours cultivé un grand amour du métier. Il a exploré toutes les facettes de l’univers de la coiffure depuis l’âge de 12 ans. Meilleur apprenti de Belgique, champion de Belgique, gagnant de la coupe du monde… Outre ses prestations à la télévision et ses relookings, il dirige deux 9Salons, selon une approche très personnelle.

Durant The Hairproject 2015, nous avons découvert Philip Martin’s. Ce concept italien, qui est entre-temps devenu une vaste gamme de produits biologiques, est l’œuvre de Mauro Trimigliozzi. Actif dans le secteur de la cosmétique depuis 1984, il a créé cette entreprise en 2003 mû par le sentiment que nous pouvions/devions aborder la cosmétique et donc, par la force des choses, la cosmétique capillaire d’une autre manière. Il a choisi le prénom de ses deux enfants parce qu’ils ont joué un rôle moteur dans son aventure bio. Le concept sans parabènes, sans SLS, sans propylène glycol n’est pas neuf de nos jours. Aucun spray ne contient de gaz propulseurs. PM puise son inspiration dans la nature pour embellir le corps et les cheveux sans grever inutilement la planète. Cela reste plus que jamais « un travail de longue haleine », car l’utilisation de composants de culture biologique n’est pas chose simple, cela reste une activité de recherche et d’assemblage complexe qui ne doit pas porter préjudice aux aspects cosmétiques et ‘plaisir’.

« Le message passe bien auprès des coiffeurs aux Pays-Bas. En Belgique, les choses vont un peu plus lentement, explique Jurgen. Les clients y sont réceptifs. Mais il faut encore convaincre le coiffeur belge. »

Comment en êtes-vous arrivé à assumer la fonction pilote pour une nouvelle marque – pour la Belgique – en ces temps difficiles ? Voilà 21 ans que vous exploitez votre propre salon, vous avez travaillé avec Redken, avec Kemon… Vous vous êtes installé dans ce vaste bâtiment industriel il y a 8 ans et voici 4 ans, vous avez investi dans un hôtel de maître à Courtrai. Cela a-t-il été facile ?
Jurgen M. : « L’élément déclencheur a été ma fille, qui est relativement allergique à une série de composants chimiques. Mais indépendamment de cela, je cherchais déjà une autre approche depuis un certain temps. Lorsque j’ai découvert le concept de Philip Martin’s avec mon collègue néerlandais Ramon, il y a quelques années, j’ai pour ma part été totalement conquis. Convaincre un client avec des mots n’est pas chose simple. Par contre, avec les rituels PM, c’est bien plus facile. Avec un soin du cuir chevelu, nous pouvons résoudre pratiquement tous les problèmes. Nous utilisons par exemple le rituel des 32 épices en guise d’introduction et prenons le temps de le faire découvrir au client. À cela s’ajoute qu’entre-temps, tous les collaborateurs ont constaté que leurs mains sont moins sèches, qu’elles deviennent plus douces à chaque traitement et qu’ils n’ont plus de problèmes d’engelures, et cela en dit long. Pourtant, je ne peux pas imposer de concept à mes collaborateurs, ils doivent eux aussi y croire et avoir la possibilité de s’y familiariser. »

De nouveaux défis se présentent encore toujours lorsqu’il s’agit de produits biologiques, l’emballage doit faire l’objet d’une attention spéciale, les colorations ne sont pas du tout bio, etc. Le cosmétique peut-il s’accommoder du naturel ?
Jurgen M. : « C’est sûr, ce n’est certainement pas la voie la plus simple, mais c’est la seule pour l’avenir. Et nous apprenons chaque jour comment améliorer les choses. Par exemple, à un moment, nous lançons un shampooing entièrement biodégradable avec son emballage, mais apparemment personne ne parvient à sortir le shampooing de son flacon. Il faut donc trouver un compromis. Mais en tant qu’utilisateurs, nous sommes écoutés et nous participons au développement. Et cela prend du temps.
À partir de cette années, mon épouse, Davinia Braeye, travaillera avec le concept de Philip Martin’s Beauty dans notre Skin Studio. Bon nombre de clients demandent spontanément des cosmétiques, parce qu’ils sont enchantés de leurs produits capillaires. L’équipe tout entière donne une foule d’explications, elle est informée et motivée en permanence. Et cela crée un magnifique lien entre nous.
À partir de 2016, nous travaillerons dans le salon avec Henné, une gamme complète de colorations basée notamment sur le henné (rouge) et toute une série de plantes de culture biologique. Nous mélangerons et appliquerons les poudres au bac de lavage, elles traitent et colorent les cheveux. »

Mais il n’est pas question de 100 % de couverture du gris, par exemple ?
Jurgen M. : « Effectivement, qui dit coloration naturelle sait pertinemment que cela n’est pas possible. Mais nous avons la chance d’avoir pu faire nos classes chez des coiffeurs qui travaillent avec ces colorations naturelles depuis des années et qui obtiennent des couleurs splendides, à la fois transparentes et durables. C’est une manière de travailler totalement différente. Et nous sommes prêts.» Les changements de mentalité sont difficiles et lents et ils ne seront pas générés par la COP21 parisienne, mais par les choix du consommateur. Et ce dernier cherche jusqu’à ce qu’il trouve.

9 salons
Mandellaan 83, 8800 Roeselaere
T.051698129 salon met beautyruimte

Jan Palfijnstraat 14, 8500 Kortrijk
T. 056495559
info@9salon.be

Savagan Oostduinkerke

Savagan Oostduinkerke

Apasionada Isabelle

Savagan Oostduinkerke fête son 10e anniversaire le 26 mai. Cela valait bien une visite à cette jolie station balnéaire. Ce ne sont pas les coiffeurs qui manquent, mais les clients d’Isabelle Verlodt l’ont suivie pendant toutes ces années. Isabelle, Jean-Luc et son équipe au grand complet proposent à Oostduinkerke un concept unique en son genre, que l’on pourrait sans crainte qualifier de ‘métamorphose intégrale’.

Vu de l’extérieur, le salon, avec ses énormes baies vitrées, invite à une visite. Le noir et le blanc dominent avec, de ci de là quelques chaudes notes boisées. À droite, un banc, une coiffeuse arrondie avec des miroirs ; à gauche, des fauteuils le long du mur avec de grands miroirs, la caisse est intégrée dans l’armoire murale, à gauche. Un escalier en bois nous mène à l’étage où sont disposés 4 bacs à shampooing. On peut y regarder la télévision en toute quiétude. Discrètes, mais toujours épurées, des photos de Sassoon sont réparties dans l’ensemble du salon. Nous prenons le temps d’une tasse de café avec Isabelle, au bar. Cette ardente travailleuse est une passionnée qui aime son métier, qu’elle ne considère pas comme vraiment comme un travail, mais comme un grand bonheur depuis qu’elle a quitté l’école de coiffure d’Ypres.

Comment et quand avez-vous fait ce choix ? Venez-vous d’un milieu de coiffeurs ?
Isabelle V. : « Pas du tout. J’ai toujours su que je voulais faire quelque chose de créatif, quelque chose avec de belles matières, quelque chose avec mes mains, et j’ai donc abouti dans un premier temps dans une école de couture à Furnes. Je pensais à la création de mode. Mais je ne sais pas dessiner et je me suis rapidement sentie mal à l’aise, comme dans une impasse. Un de mes professeurs m’a poussée à la réflexion, je me suis réorientée vers la coiffure et j’ai d’emblée su que c’était le bon choix. On peut être très créatif avec une chevelure et je ne m’en lasse jamais. J’ai pu commencer immédiatement à travailler les week-ends dans un salon de coiffure à Coxyde. J’y ai travaillé un temps par la suite, y ai beaucoup appris et à 23 ans, j’ai ouvert mon salon à Furnes. Parallèlement, j’ai toujours continué à faire des vêtements, j’ai toujours habillé moi-même mes enfants. Ma fascination pour la mode reste intacte, et je vais ouvrir prochainement une boutique éphémère avec des articles de NÜ, une très intéressante collection danoise. Je n’ai pas assez de temps pour m’y consacrer pleinement. Je collabore donc avec quelques personnes qui sont sur la même longueur d’onde. »

Le salon et les clients de la côte sont-ils différents d’il y a dix ans ou d’ailleurs dans le pays ?
Isabelle V. : « J’ai suivi un grand nombre de cours durant les années qui ont précédé l’ouverture de ce salon. Dans mon premier établissement, je travaillais avec trois collaborateurs et nous servions à l’époque le client ‘hebdomadaire’, comme partout ailleurs dans le pays. Il nous demandait ce qui était tendance et cela nous inspirait dans notre travail. Aujourd’hui c’est tout à fait différent. Il n’y a plus de tendances, il n’y a plus que des styles personnels, individuels. Certains clients se sentent à l’aise dans le registre ‘classique’, les autres préfèrent quelque chose de plus edgy ou de rock ’n roll. On ne s’inspire plus livres ou de magazines. Les clients existants nous font confiance et pour les nouveaux venus, nous prenons le temps d’une ‘consultation’, afin de bien comprendre ce qu’il/elle veut. Nous continuons à nous informer de ce qui se passe sur les podiums internationaux et retravaillons cela pour offrir à chaque client le style qu’il aime, ce avec quoi il/elle se sent le mieux et le plus beau. C’est essentiel pour la confiance en soi de la personne. »
À ce moment, une femme se dirige vers Isabelle pour la saluer. Elle est radieuse. Elle arbore une coupe au carré avec une longue mèche. Isabelle me montre sur sa tablette à quoi elle ressemblait avant la coupe. Une véritable métamorphose.

Revenons quelques années en arrière. Vous avez rencontré Jean-Luc. Votre perception de la coiffure a-t-elle changé alors ?
Isabelle V. : « Nous nous sommes rencontrés lors d’un cours, et oui, mon approche de la coupe a évolué, plutôt vers un travail sur mesure. L’importance d’une consultation approfondie et même d’une métamorphose complète est grande, tant pour le client que pour le coiffeur. C’est aussi très gratifiant lorsqu’un groupe de jeunes filles cherchent avec moi ce qu’elles veulent faire transparaître et que nous parvenons à exaucer leur souhait. Travailler de la sorte n’est pas simple, mais tellement valorisant. Et tout se fait toujours avec le sourire, une pointe de maquillage et un petit verre. Tous ces petits détails qui font la différence. »

Où puisez-vous l’inspiration pour continuer à séduire vos clients ?
Isabelle V. : « Le paysage urbain reste bien sûr important, surtout ce que nous voyons à Londres, car nous continuons à suivre des cours. Et à présent que Jean-Luc représente Sassoon, il forme lui aussi des gens, et comme nous travaillons avec ses produits, nous pouvons servir encore bien plus de types de clients. Sassoon et Tigi se complètent à merveille, ils ne s’adressent pas à la même clientèle. J’ai beaucoup de clients qui restent fidèles à TIGI, mais Sassoon – sensiblement plus cher d’ailleurs – convient à une autre clientèle. Et ce n’est pas une question d’âge. Je serai toujours reconnaissante à Tigi, car ce sont eux qui ont fait ma réputation et ils continuent à m’inspirer. »

Que faites-vous avec les jeunes qui veulent toujours des cheveux longs sans coupe ni structure ?
Isabelle V. : « Oui, il faut redoubler d’efforts pour les motiver à changer quelque chose, mais je parviens à les convaincre en leur montrant que les cheveux longs, c’est très bien pour autant qu’ils aient l’air soignés. Je veux montrer aux jeunes filles qu’elles doivent se démarquer par rapport à la nuance 7 typiquement belge en travaillant par exemple avec des couleurs. L’ambre ou le rouge me permettent d’apporter de superbes accentuations et néanmoins de recommander une coupe, ou d’apprendre à faire un chignon par exemple. »

Et lorsque vous n’êtes pas prise par votre métier, que faites-vous ?
Isabelle V. : « Du sport, lorsque j’en ai le temps, du vélo, par exemple. Cet été, je m’attaquerai au mont Ventoux pour la bonne cause. Mais j’aime tellement mon métier que cela me procure tout l’oxygène nécessaire pour être encore plus créative. »

Apasionada Isabelle
Albert I laan 49
B-8670 Oostduinkerke
T. +32 58 51 22 09

Photo de portrait : © Stefaan Vanfleteren

 

Élégante simplicité

Élégante simplicité

HAIR&MORE by Karine Uvijn

Le nom Karine Uvijn nous était familier. Voilà des années déjà que nous pouvons admirer son travail sur le petit comme le grand écran. C’est une habituée des coulisses du showbiz flamand. Elle a décidé à présent de s’adresser au public ‘en direct’. C’était le moment où jamais. Un salon rien qu’à elle, réunissant cheveux, naturels et synthétiques, maquillage et conseil. Fin mai, tout était fin prêt : un salon concept ‘à sa façon’ à Tielt.

Nous avons rarement eu l’occasion d’assister à la naissance, à la conception même d’un nouveau salon. Qui plus est, c’était le ‘premier bébé’ de Karine, de longue date dans le métier, mais une professionnelle un peu nomade. « Pour mon cinquantième anniversaire, j’ai pensé qu’il était temps de prendre une décision et de poser mes valises. Le nomadisme, c’est bien, mais il arrive un moment où l’on aspire à plus d’intimité, de sédentarité. Mais une intimité très personnelle et sobre. Je me suis d’emblée adressée à des professionnels et le courant est immédiatement passé avec Isabelle (INTERLOOK). Mes souhaits étaient simples : je voulais du blanc, du noir, du gris et du doré. Ces deux espaces ouverts se prêtaient en fin de compte parfaitement à un salon avec vue sur le jardin. »

Une touche de chic
Et le résultat est tout à fait à son image : simple, élégant ou, pour le dire autrement : no nonsense with a twist of Chic ! Les accords entre les matières sont subtils. Ce qui frappe d’emblée, c’est le plan de travail authentique, en chêne, présenté sur un carré en acier avec, en dessous, un carrelage italien fait de grands carreaux gris veinés de rose corail. À gauche, près de l’entrée, un bar ouvert, des coiffeuses avec miroirs au milieu, à gauche un mur entier avec un papier peint rayé noir et or. La première impression en est une d’élégance et de sobriété.

Preuve vivante
Le deuxième espace, avec vue sur le jardin, ‘comme si vous y étiez’, abrite la partie technique. D’une part un atelier ‘postiches’ séparé : une coiffeuse où les cheveux synthétiques et les perruques sont travaillés et personnalisés. D’autre part, un atelier de coloration où les cheveux et l’alchimie du maquillage vont main dans la main.
Karine a si souvent travaillé avec des perruques dans le showbiz qu’elle souhaite utiliser ce savoir-faire pour offrir aux personnes de la vie ordinaire l’occasion de se montrer sous leur plus beau jour, même lorsqu’elles sont malades. « Ce qui m’a frappée, c’est que les femmes qui perdent leurs cheveux pour diverses raisons sombrent encore plus dans la ‘tristesse’… Lorsque je leur montre qu’elles peuvent avoir belle apparence et que la chose est possible tant avec des cheveux naturels qu’avec des cheveux synthétiques, leur humeur remonte immédiatement de 10 points. Et je me charge du lavage et de la remise en forme de la perruque. Un peu de douceur, de câlinerie dans les moments difficiles, cela fait du bien, même aux plus téméraires. »

Objectif qualité
Karine opte en toute circonstance pour la qualité. Du fait de sa longue expérience dans les coulisses des spectacles, des pièces de théâtre et des événements en tous genres, elle sait ce qu’elle peut tirer de chaque produit. Aussi ce choix est-il très personnel : elle colore avec L’Oréal Professionnel, parce qu’elle connaît la gamme de longue date et en a toujours tiré d’excellents résultats. Elle réalise les finitions avec Hollywood Waves, la gamme glamour ou ‘tapis rouge’ de tecni.ART, et soigne les cheveux avec Kevin Murphy ou Living Proof. « J’ai voulu travailler d’entrée de jeu avec cette gamme en raison de la base scientifique sur laquelle reposent ces produits. J’avais déjà pu constater l’effet qu’ils avaient sur les cheveux de mes clients plus ou moins célèbres. Après un simple lavage et un soin, je pouvais déjà sentir, voir et montrer la différence. Ce n’est sans doute pas un hasard si c’est la marque dans laquelle Jennifer Aniston (Rachel dans ‘Friends’) a elle-même investi ! »

Et bien plus encore
Karine a toujours voulu s’occuper de cheveux, avec des colorations, des coupes… Elle savait qu’elle aboutirait dans le monde du théâtre et de la télévision, peut-être pas sur le podium, certes, mais dans les coulisses. Originaire de Wetteren, elle a longtemps vécu à Gand et a fait de sa passion une profession à part entière. Dans l’intervalle, elle a continué à chercher, à étudier et à se perfectionner. Elle n’a jamais renoncé à sa devise, ‘faire ce qui me plaît’. « J’aime tout ce qui peut contribuer à rendre une femme plus belle, que ce soit la présentation d’un atelier ou le parachèvement d’une perruque avec un chignon en vue d’un mariage. »
Lorsque Karine ne travaille pas, elle aime la bonne chère, les balades en famille, l’Amérique et les œuvres de Sam Villa. Lorsque nous lui demandons quel animal elle aurait aimé être, elle dit, après un long moment d’hésitation : un grand chat, un léopard ! Le symbole de la force tranquille. Mais faut-il s’en étonner ?

Geef om haar
Lors de l’ouverture, Karine a demandé aux invités de n’offrir ni fleurs ni plantes, mais de faire un don à ‘Geef om Haar’ (partie de Think-Pink qui, depuis 2008, soutient les femmes atteintes d’un cancer et ayant perdu leurs cheveux).

HAIR&MORE by Karine Uvijn
Stationstraat 23, 8700 TIELT M.
T.0477838 340
Karine@hairandmore.be

Photos : Steven Hendrickx

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